Fabrice Guingant, 26 ans, a disparu, en 2005, à Saint-Domingue. Le jeune homme aurait été victime d’une bavure. Samedi 27 août 2005, vers 22 h. Fabrice Guingant, un jeune agent immobilier âgé de 26 ans, originaire de Garges les Gonesse, s’apprête à prendre l’avion à l’aéroport Las Americas, à Saint-Domingue. Il rentre à Paris après une semaine de vacances. Soudain, alors qu’il s’apprête à embarquer, il demande aux douaniers de fouiller ses bagages. De peur que quelqu’un y ait dissimulé, à son insu, de la drogue. La fouille se révélera négative. Dans l’appareil, le jeune homme fait preuve d’une grande nervosité. «Il a été pris d’une crise d’angoisse», témoigne sa mère NadiaLuton. Son état est tel que le commandant de bord exigera qu’il soit débarqué. D’après sa mère, Fabrice Guingant aurait subi de fortes pressions durant son séjour. Des trafiquants de drogue auraient cherché à le convaincre de servir de mule, de passeur. Dans l’avion, il aurait reconnu l’un d’eux. Ce qui pourrait expliquer l’état de panique dans lequel il se trouvait. Au sortir de l’appareil, le jeune Français sera pris en charge par la police touristique, la Politur. «Il sera conduit dans un dispensaire où il lui sera administré un puissant calmant. Les policiers disent l’avoir relâché à 4h du matin. Puis, plus rien», poursuit sa mère. Seul élément attestant de l’existence du jeune homme, sa valise «oubliée» au poste de police. Pétrie de chagrin, Nadia Luton s’envolera pour Saint-Domingue. «Là-bas, j’ai subi des intimidations. On m’a suggéré de ne pas me mêler de cela».
Les mois ont passé, et l’ambassade a fait preuve d’un immobilisme navrant. La justice française, elle, a tenté d’y voir plus clair. Formulant une demande d’ouverture de commission rogatoire internationale à laquelle les autorités dominicaines n’ont jamais donné suite. Janvier2006. Bernard Pronost, un Brestois qui a vécu pendant cinq ans à Saint-Domingue propose gracieusement ses services à la famille Guingant. «J’avais rencontré la mère et la soeur de Fabrice par l’intermédiaire d’un proche». Dix jours durant, aidé par un ami avocat dominicain, Bernard Pronost rencontrera sur l’île les principaux responsables des services concernés par la disparition de Fabrice. Il aura accès aussi à de nombreux documents concernant l’affaire. À sa grande stupéfaction, il se rendra compte que certains hauts dignitaires n’avaient jamais entendu parler de cette disparition. Mieux, les interrogatoires des policiers et du médecin qui entouraient le jeune homme cette nuit-là n’avaient pas fait l’objet d’un procès-verbal d’audition!
source : letelegramme.com